Évaporation ou fuite ? Le test du seau pour trancher
Une piscine perd de l’eau chaque jour d’été, et c’est normal jusqu’à un certain point. Pour savoir si la baisse vient du soleil et du vent ou d’une fuite, il suffit d’un seau, d’un feutre et de 24 heures. Reportez vos mesures dans l’outil : il fait la comparaison.
Le test du seau, interprété
Après 24 heures sans baignade, mesurez la baisse dans la piscine et dans le seau posé sur la première marche, puis reportez-les ici.
Le protocole, en six étapes
Le principe : le seau subit le même soleil et le même vent que le bassin. Si les deux baissent d’autant, l’évaporation explique tout. S’ils divergent, il y a autre chose.
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Arrêter la filtration
Coupez la pompe et laissez le niveau se stabiliser. Pas de baignade, pas de nettoyage, pas de remise à niveau pendant toute la durée du test.
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Poser le seau
Remplissez un seau aux trois quarts avec l’eau de la piscine et posez-le sur la première ou la deuxième marche, de sorte que le niveau à l’intérieur soit à peu près celui du bassin. Lestez-le s’il flotte ou bouge.
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Marquer les deux niveaux
Au feutre indélébile, tracez le niveau de l’eau à l’intérieur du seau, puis celui de la piscine sur la paroi extérieure du seau. Deux traits, deux références.
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Attendre
24 à 48 heuresUne journée entière, deux si l’écart s’annonce faible, toujours sans baignade.
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Comparer
Même baisse dans le seau et dans la piscine : c’est l’évaporation. Piscine plus basse que le seau : fuite probable. Seau plus bas que la piscine : le seau fuit lui-même, recommencez avec un autre.
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Refaire le test filtration en marche
24 heuresSi la baisse est plus forte pompe en marche, la fuite se trouve probablement sur le circuit hydraulique : canalisations, pièces à sceller, refoulements. Sinon, cherchez du côté du bassin lui-même.
Combien d’eau une piscine perd-elle normalement ?
En saison, la FPP retient 6 mm par jour. Les guides grand public parlent plutôt de 2 à 3 cm par semaine en été, et jusqu’à 1 cm par jour en canicule ou par vent fort.
| Situation | Baisse du niveau | Lecture |
|---|---|---|
| Saison de baignade, repère FPP | 6 mm par jour | Évaporation normale |
| Été ordinaire | 2 à 3 cm par semaine | Évaporation normale |
| Canicule ou vent fort | Jusqu’à 1 cm par jour | Normal si ponctuel |
| Piscine couverte | 1 à 2 cm par semaine | Normal |
| Perte qui dure | Plus de 3 cm par semaine, ou plus de 1 cm par jour, chaque jour | Fuite à suspecter |
Ces repères ne concordent pas tout à fait : 6 mm par jour font plus de 4 cm par semaine, au-dessus des 2 à 3 cm des guides. C’est justement pourquoi un chiffre seul ne suffit pas à conclure, et pourquoi le seau tranche : il compare votre bassin avec lui-même, le même jour, sous le même ciel.
La fuite devient suspecte au-delà de 3 cm par semaine, ou de 1 cm par jour tous les jours, quand le seau ne l’explique pas. Devoir remettre de l’eau tous les deux ou trois jours n’est pas normal. Pour traduire une baisse en litres, multipliez la surface du plan d’eau par la hauteur perdue : sur une 8 × 4, chaque centimètre représente 320 litres. Le calcul du volume donne la surface de formes moins simples.
Soleil et vent : ce que dit le climat vendéen
L’évaporation dépend du soleil, de la chaleur de l’air et du vent. La Vendée cumule les trois en été, avec un sud plus chaud et une côte plus ventée.
Les stations de Météo-France donnent une évapotranspiration de juillet d’environ 4,4 à 4,8 mm par jour selon les secteurs : 4,4 à Noirmoutier et au Perrier, 4,5 à Saint-Jean-de-Monts, 4,7 à Sainte-Gemme-la-Plaine, 4,8 à Angles. Cette dernière, près de La Tranche-sur-Mer, détient le record des stations Météo-France de Vendée : 956 mm d’évapotranspiration par an et 72 jours à 25 °C ou plus. L’évapotranspiration n’est pas l’évaporation d’un bassin, mais elle mesure la demande de l’air en eau, un bon repère pour comparer les mois et les secteurs.
| Mois | Évapotranspiration du mois | Soit par jour |
|---|---|---|
| Avril | 84 mm | 2,8 mm |
| Mai | 110 mm | 3,5 mm |
| Juin | 131 mm | 4,4 mm |
| Juillet | 141 mm | 4,5 mm |
| Août | 122 mm | 3,9 mm |
| Septembre | 91 mm | 3,0 mm |
Le vent compte autant que le soleil. Aux Sables-d’Olonne, la station de Château-d’Olonne relève 45 jours par an de rafales à 58 km/h ou plus. Par vent fort, l’évaporation peut atteindre 1 cm par jour : sur la côte, une mesure prise un jour de grand vent se compare à un seau, jamais à un chiffre de manuel.
Mesurer au bon moment
Pour un test lisible, choisissez une période stable, sans pluie annoncée. En juillet, une piscine étanche et son seau peuvent perdre chacun près d’un demi-centimètre par jour : c’est l’écart entre les deux qui compte, pas la baisse.
Couvrir le bassin : jusqu’à 95 % d’évaporation en moins
Une couverture réduit l’évaporation jusqu’à 95 %, selon la FPP. Un abri la diminue de 56 % en moyenne, d’après une étude du CSTB de 2024.
Sur une 8 × 4, 6 mm par jour représentent près de 200 litres. Couvrir le bassin la nuit et hors baignade, c’est garder l’essentiel de cette eau. En été de restriction, l’argument devient réglementaire : en Vendée, le remplissage est interdit dès le niveau d’alerte, et au niveau de crise, même la remise à niveau l’est.
Une bâche à barres ou un volet conformes à la norme NF P90-308 servent aussi de dispositif de sécurité piscine. Une bâche à bulles, non.
Le seau confirme une fuite : la suite
Laissez d’abord le niveau baisser sans rien toucher, et notez où il s’arrête : c’est la hauteur du défaut. Puis isolez le circuit, avant de faire intervenir une recherche de fuite.
Deux autres gestes sont à votre portée. Quelques gouttes de colorant près d’une zone suspecte, pompe arrêtée, montrent si l’eau y est aspirée. Les bouchons d’hivernage, posés sur les skimmers, les refoulements et la bonde de fond, isolent le circuit : si la baisse cesse sur 24 heures, il est en cause.
Au-delà, place au matériel du métier : mise en pression des canalisations, inspection par caméra, électro-induction sur le liner ou la coque, gaz traceur, écoute électro-acoustique. Une intervention coûte 300 à 600 € en moyenne, de 150 € pour un contrôle simple du revêtement à 850 € pour un diagnostic complet d’environ quatre heures. Le détail des méthodes est sur la page recherche de fuite.
Ne videz pas le bassin pour chercher
Vider une piscine pour trouver une fuite est la pire des méthodes. Une coque vide, sur un terrain gorgé d’eau, peut se soulever sous la poussée de la nappe. Et en période de restriction, la remplir ensuite peut être interdit.
Questions sur l’évaporation
Est-ce normal de perdre 1 cm d’eau par jour ?
Un jour de canicule ou de grand vent, oui : l’évaporation peut atteindre ce niveau. Si la perte se maintient à 1 cm chaque jour, ou dépasse 3 cm par semaine hors de ces conditions, ce n’est plus normal. Faites le test du seau : s’il ne l’explique pas, on soupçonne une fuite.
Combien d’eau une piscine perd-elle par évaporation ?
La FPP retient 6 mm par jour en saison de baignade, soit près de 200 litres pour une 8 × 4. Les guides grand public parlent de 2 à 3 cm par semaine en été, 1 à 2 cm si la piscine est couverte. Une couverture réduit l’évaporation jusqu’à 95 %.
Pourquoi l’eau baisse-t-elle plus vite quand la filtration tourne ?
Parce que la fuite se trouve probablement sur le circuit hydraulique : canalisations, pièces à sceller, refoulements. Pompe arrêtée, l’eau ne circule plus dans ces canalisations et la perte diminue. Refaites le test du seau dans les deux configurations pour le confirmer.
Une perte d’eau qui ne s’explique pas
Décrivez vos mesures : le pisciniste partenaire de votre secteur vous rappelle et organise la recherche de fuite avec le pisciniste partenaire de votre secteur.