Pourquoi le béton, à cette taille
Parce que la coque atteint ici ses limites. Très peu de fabricants proposent des coques de plus de 10 m, pour des raisons de transport et de manutention, et une pièce de 5 m de large relève de la troisième catégorie de transport exceptionnel. Le béton, lui, se construit sur place. Il n’a pas de moule, donc pas de cote imposée : 10 × 5 m, mais aussi 9,50 × 4,50 m ou 11 × 5 m si le terrain le demande, une fosse de 2 m au bout du bassin, un escalier droit qui occupe toute la largeur.
La durée plaide aussi pour lui. Une structure béton se compte en décennies, 40 à 50 ans selon les sources, quand une coque demande une réfection du gelcoat au bout de 15 à 20 ans. En contrepartie, le chantier dure deux à trois mois au lieu d’une semaine de pose. Le comparatif coque ou béton met les deux techniques face à face.
Du radier à la membrane
Tout commence par la fouille. Pour 80 m³ d’eau, il faut sortir davantage de terre, et bien plus une fois foisonnée : entre le terrassement et les rotations de camions, c’est un poste facile à sous-estimer. Au fond, un radier en béton armé. Dessus, les murs en blocs à bancher, ferraillés puis remplis de béton.
Avant de couler, on scelle les pièces qui feront circuler l’eau : la bonde de fond au point bas de la fosse, deux skimmers, quatre refoulements. La bonde reprend l’eau du fond, là où les skimmers, qui écument la surface, ne vont pas. Une pièce à sceller mal positionnée se rattrape très mal une fois le béton pris ; c’est pourquoi leur implantation se vérifie au plan, puis au cordeau, avant le coulage.
Vient ensuite l’étanchéité. La membrane armée 150/100e se soude sur place, lé après lé, et épouse l’escalier et la fosse. Sa surface développée, fond et parois, approche 100 m² sur ce bassin : c’est sur cette base qu’on chiffrera son remplacement, dans quinze à vingt ans. L’escalier droit, lui, sert de gradin : cinq mètres de marches où l’on s’assoit à plusieurs, à la profondeur de son choix. Le gris anthracite donne l’eau sombre, presque minérale, qui convient aux longères et aux jardins anciens. Les autres techniques et finitions sont présentées sur la page piscine béton.
Huit à douze semaines, et un calendrier d’eau
Entre le premier coup de pelle et la mise en eau, comptez huit à douze semaines. Le chantier avance au rythme du béton, qui doit prendre entre deux étapes. Il faut aussi penser à l’eau elle-même : 80 m³, soit environ 110 € pour la part eau potable au tarif Vendée Eau 2026. En Vendée, le premier remplissage reste admis au niveau d’alerte sécheresse si le chantier a commencé avant les restrictions, et il est interdit au niveau de crise. Un bassin ouvert au printemps et rempli en août peut donc se heurter à un arrêté de crise : on cale le planning en conséquence.
Faire tourner quatre-vingts mètres cubes
La filtration se dimensionne sur 24 m³/h, avec un filtre à sable de 800 mm : le volume passe en moins de quatre heures. Un groupe de cette taille demande un vrai local, et le local technique maçonné proposé en option, 800 à 5 000 €, évite d’entasser pompe, filtre et coffret électrique dans un coffre trop petit. La pompe à chaleur proposée en option, 2 500 à 7 200 €, se dimensionne elle aussi sur ce volume. Côté pertes, la FPP retient 6 mm d’évaporation par jour en période de baignade : sur 50 m², 300 litres. Une couverture en supprime jusqu’à 95 %, et le volet immergé proposé en option fait aussi office de dispositif de sécurité. Pour distinguer une évaporation normale d’une fuite sur un bassin de cette taille, voyez la page évaporation ou fuite.
Pour qui ce modèle est fait
Grandes propriétés, longères rénovées, projets où la piscine devient le centre du jardin.